Anecdotes d’un rédacteur de guides de voyage

Si vous n’avez jamais eu de conversation avec un rédacteur de guides de voyages, vous imaginez peut-être que c’est un métier de rêve. Si vous connaissez un rédacteur de guides de voyages, il vous a certainement expliqué que la réalité était beaucoup moins rose. Qu’un rédacteur, oui ça voyage, mais ça travaille beaucoup, c’est payé au lance-pierres, ça n’a rien le temps de visiter… Bref, un enfer. Où est la réalité ? Comme souvent, quelque part entre les deux.

Le Petit Futé Vancouver, vient de sortir. Achetez-le, c’est le meilleur guide sur Vancouver jamais publié. Et je ne dis pas ça uniquement parce que je l’ai écrit.
À cette occasion, je voulais simplement partager quelques expériences de voyage nées de l’exercice de mon deuxième métier (je vous rappelle à toutes fins utiles que mon premier métier est le conseil et l’organisation de voyages !).

Tout d’abord, replaçons le curseur au bon endroit : pour moi, ce métier est tout de même bien plus proche de l’extrémité « rêve » que « cauchemar » ! Oui, c’est beaucoup de travail pour peu d’argent et moins de visites que lorsque l’on est en vacances. Mais c’est tout de même du voyage gratuit…

Le bon véhicule.

Août 2008. J’écris mon premier guide, sur le Maroc que je connais bien. J’avais demandé une voiture avec climatisation. Apparemment le message s’est perdu quelque part. Me voilà traversant une partie du désert avec une voiture coréenne type twingo, sans climatisation. Avez-vous une idée de la température au sud du Maroc en août ? Entre 45 et 50°. Inutile d’ouvrir les fenêtres, l’air est trop chaud dehors. J’ai donc dans la voiture une dizaine de litres d’eau, que je me verse régulièrement dessus. J’ai compté : après m’être versé une bouteille de 1,5 litres sur le corps, je suis complètement sec en 7 minutes.

Novembre 2010. Je suis à l’ouest du Canada, toujours pour les besoins d’un guide. Cette fois, ce sont les pneus hiver qu’on a oublié de me mettre. « Ce n’est pas obligatoire, et nous n’en avons pas », argue l’aimable commis de l’agence de location. « Imbécile », pensé-je, plus à l’endroit des responsables de cette politique que du jeune homme devant moi. Ma voiture est équipée de pneus 4 saisons, c’est mieux que rien, mais insuffisant quand on n’a pas l’habitude de conduire sur la neige, pour partir en novembre dans les rocheuses canadiennes.

La bonne saison.

Quand cela est possible, une enquête se fait plutôt hors saison. Pour que les informations soient fraîches, on enquête juste avant la prochaine saison touristique. Voyager en basse saison comporte des avantages certains dans beaucoup d’endroits (voir à ce sujet l’article 3 endroits à visiter quand ce n’est pas le moment) : peu de touristes, et donc un rapport plus détendu avec les habitants. On voit certaines choses que peu de gens voient : le repiquage du riz pendant la saison des pluies au Laos, les chutes du Niagara en hiver…

Bien sûr, il y a aussi quelques inconvénients. Voyager sans pneus hiver dans les rocheuses canadiennes n’est pas une sinécure.

Les bons contacts.

Le moyen le plus efficace d’écrire un bon guide est de rencontrer le plus de monde possible. De recueillir des avis. Quel est ton restaurant préféré ici ? Par quelle route passerais-tu pour aller là bas… C’est un des aspects les plus passionnants de l’enquête. On voyage souvent seul, et donc il est facile de faire connaissance avec de parfaits étrangers.

Ecrire un guide de voyage, c’est aussi faire une enquête dans un pays que l’on connaît déjà. Avec ma soif de découverte de nouveaux pays, j’aurais du mal à faire la démarche de retourner pour des vacances dans un pays que j’ai déjà visité. Et pourtant, retourner au Laos, en Australie, en Argentine et au Chili, en Birmanie, au Maroc… pour la seconde, troisième, ou… septième fois, c’est passionnant. On découvre encore et toujours, et pourtant on est déjà un peu chez soi !

Publicités

3 commentaires

Laissez un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s