Kumano Kodo – Dernier pèlerinage au Japon

Alors que je me prépare à rentrer en France à la fin de ce mois, et que mes journées sont libres, je profite de ces dernières semaines pour une exploration finale du Japon.

Kumano Kodo et Saint-Jacques de Compostelle sont les deux seuls chemins de pèlerinage à être inscrits au Patrimoine Mondial par l’UNESCO. Depuis quelques temps déjà je voulais crapahuter sur cette route historique à la riche culture.

Tout d’abord parce que j’aime la randonnée, comme vous le savez si vous me lisez. Ensuite parce que les paysages du sud du Japon sont absolument magnifiques. La région hôte du Kumano Kodo se nomme Wakayama, et est couverte de montagnes et de forêts de pins, à quelques heures de train d’Osaka. C’est là notamment que l’on trouve Koyasan, sanctuaire de la secte bouddhiste Shingon et un de mes endroits préférés au Japon. Notamment parce que l’on peut y faire l’expérience inoubliable d’une nuit dans un monastère.

Le Kumano Kodo existe depuis plus de mille ans, et a vu des milliers de pèlerins, dont des membres de la famille imperiale, fouler ses graviers et fréquenter ses maisons de thé. Il relie trois pagodes principales, mais aussi des dizaines de pagodes secondaires dont il ne reste souvent que quelques pierres. Il s’agit d’un réseau de plusieurs routes, soit traversant la montagne, soit longeant la côte. Celui que j’ai emprunté est le plus classique, et parcourt quelques 38km à travers la montagne en 3 jours de marche.

Ma première impression au fur et à mesure de la randonnée fut celle d’une tranquillité totale. En trois jours je n’ai pas croisé un seul marcheur. Les amateurs de sentiers perdus s’en réjouiront. Cette tranquillité m’a cependant laissé un petit goût amer. Le Kumano Kodo est d’ordinaire assez prisé des touristes, et notamment des Australiens. Depuis le début de la crise du covid, le chemin est totalement déserté. De nombreux locaux vivant du tourisme, notamment ceux chez qui j’ai eu la chance de dormir, sont désormais en grande difficulté. Vivement que cette tempête sanitaire soit passée…

Puisque nous parlons de ces gens chez qui j’ai dormi, je voudrais en particulier citer deux d’entre eux : Hatago Masara, et Guesthouse Mui. La première est tenue par un couple franco-japonais adorable qui viennent de s’installer, ont rénové une vieille maison avec un goût parfait, et sont de vrais cordons bleus ! La seconde est gérée par un couple tout aussi charmant, totalement japonais, et qui n’a rien à envier aux précédents en termes de talents culinaires. Les deux sont ce qu’on appelle des minshuku, logements chez l’habitant qui sont légion au Japon.

Côté paysages, mes attentes ont été comblées. Nous ne donnons pas dans le grandiose, mais plutôt dans l’intime. Forêts, vallées, villages de montagne, assez typiques de cette partie du pays. La tranquillité se mérite : depuis Tokyo, un vol d’une heure pour atteindre la région, puis 2h de bus dans la montagne. Mais le jeu en vaut la chandelle !

Et au bout du chemin, un petit bijou, un des plus vieil onsen du Japon (bain public avec source naturelle d’eau chaude, une tradition au Japon), Yunomine Onsen. Le petit village bordé de minshukus et ryokans (hébergements traditionnels) d’architecture centenaire est parfaitement charmant.

Je prends maintenant un peu de repos avant de repartir sur les routes, parce que mon corps me fait bien sentir que 22km dans la montagne le dernier jour, c’était marrant quand on avait 20 ans, mais que ca fait longtemps qu’on ne les a plus !

En savoir plus sur le Kumano Kodo sur le site de Kumano Travel

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