Voyager sans tout casser

Vous êtes vous déjà demandé quel était l’impact de votre voyage sur les populations locales, ou sur la planète tout simplement ? Votre voyage est bon pour vous, c’est un acquis. Mais est-il bon pour les autres ? Comment voyager en ayant le maximum d’impact positif, et/ou le minimum d’impact négatif.

Le bilan écologique

Du point de vue de la planète, voyager c’est mal. À moins de voyager par un moyen de transport qui ne dégage aucune pollution. A pied, à vélo, en chaise à porteurs, c’est bien. En train, bus, voiture, en avion… c’est mal. On a tendance à penser que l’avion est le pire des moyens de transport, car il brûle une quantité énorme de kérosène, mais ce n’est pas forcément si évident (un article intéressant ici par exemple). Mais là n’est pas le débat : le constat est que de toute façon, plus on se déplace avec un moteur, plus on pollue.

À partir de là, c’est un débat entre vous et votre conscience… Pour ceux d’entre vous qui, comme moi, ne sont pas prêts à rester sans bouger chez eux pour ne pas abîmer la planète, il existe quand même des solutions pour limiter son impact, à défaut de le supprimer. D’abord privilégier les solutions de transports les moins polluantes (préférer le bus à la voiture avec chauffeur, par exemple).

Ensuite, on peut « compenser » sa consommation carbone en payant une taxe que proposent la plupart des compagnies aériennes. Le prix que vous payez sert en théorie à financer des projets de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Je n’ai vu aucune étude prouvant l’efficacité de cette compensation.

Difficile de savoir si c’est efficace ou si c’est juste une manière de se donner bonne conscience…
Je reviendrai plus en détails sur ce sujet qui m’intéresse dans un prochain post.

Sur place, zéro trace.

De nombreux professionnels du tourisme prônent ce comportement dans les pays visités. Le principe est simple : moins on touche, moins on abîme. C’est la philosophie notamment de beaucoup d’agences d’aventure ou de trekking. Elle s’applique à l’environnement, par exemple on ramasse ses déchets, mais aussi à la société, par exemple on ne distribue pas des dollars à tour de bras. C’est déjà un effort louable, ça a le mérite de limiter l’impact négatif de votre présence.

C’est déjà réaliser que chacune de nos actions, y compris simplement notre présence, a des conséquences. Comme il est difficile de savoir si cette conséquence est positive ou négative, autant limiter ses actions pour être sûr de ne rien faire de négatif. Un bon point de départ aussi si vous voyagez en individuel, bien sûr.

L’argent, toujours l’argent.

Pas facile de déterminer si l’argent a un effet négatif ou positif ! « Les deux » est probablement la bonne réponse. Cela dépend à mon sens de deux choses : combien on en donne, et à qui on le donne. Les revenus générés par le tourisme sont une manne pour de nombreux pays, et il serait injuste de fermer les vannes simplement pour être sûr de ne pas avoir d’impact négatif. Mais évidemment, donner trop d’argent trop vite comporte de nombreux effets pervers.

Un exemple simple : donner 3$ à un chauffeur de taxi alors qu’il fait payer sa course 1$ normalement. C’est gentil pour le chauffeur, c’est sûr. Mais cela favorise l’inflation (si quelqu’un est prêt à payer 3$, je vais monter mes prix), et cela l’amènera à ne prendre que des touristes qui peuvent payer 3$, alors que les locaux ne peuvent pas se le permettre. L’essentiel est donc de ne pas hésiter à payer, mais payer le prix juste. Et à quelques centimes près, ça peut tout changer.

Un cas à part qui rend encore plus important le destinataire de vos deniers : voyager dans les régimes totalitaires. Là encore, je me fendrai d’un article plus détaillé bientôt, d’autant que je pars dans moins de 2 mois en Birmanie, dont les autorités n’ont rien de chefs des bisounours. La règle d’or : donner aux habitants, pas aux structures d’état.

Voyages responsables, solidaires, éthiques, et tutti quanti.

Les termes sont nombreux, et évoquent des notions différentes. En gros, les différences sémantiques viennent du degré d’implication du voyageur. Construire une école, c’est du solidaire. Juste penser à ne pas faire n’importe quoi sur place, c’est du responsable.

Est-ce simplement un concept marketing pour vous vendre plus de voyage. Je réponds clairement non. Pas seulement et de loin.
C’est un concept marketing, bien sûr. En tant que voyageur, vous sentez que vous avez un impact, c’est déjà une prise de conscience et c’est bien.
Les agences exploitent cette prise de conscience et vous fabriquent des voyages en fonction parce que ça se vend bien ? Tant mieux !
Si le marketing peut sauver la planète, de quoi vous plaignez-vous ?

Evidemment, à vous d’étudier la manière dont s’implique l’agence que vous aurez choisie, on peut faire tout et n’importe quoi dans ce domaine !

Comment Le Monde est mon Village s’implique ?

Tout simplement en vous orientant vers des prestations, lieux, agences, itinéraires les plus responsables possibles.

Une question de bon sens, finalement.

Voyager sans tout casser, c’est souvent simplement savoir que chaque action peut avoir des conséquences, et donc, sans non-plus y penser toute la journée, réfléchir à ce qu’on fait.

Non, on ne donne pas de bonbons aux enfants, ça leur abîme les dents et ils deviennent des petits mendiants.
Non, on n’arrache pas toutes les jolies fleurs sur son passage.
Non, on ne monte pas sur les sculptures des temples d’Angkor pour faire une jolie photo.

En voyage, faites simplement comme à la maison, soyez intelligent 😉

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