Whores Glory, le docu de l’année

Stop, cessez immédiatement toute activité, ruez vous sur Internet, regardez cette bande-annonce, et trouvez le moyen de vous procurer, ou mieux, d’aller voir en salle Whores Glory, l’oeuvre cinématographique de l’année. Certes, je peux me permettre de la qualifier d’oeuvre de l’année car nous ne sommes qu’en mars. Mais c’est sans conteste ce que j’ai vu de plus beau sur un écran (en salle ou chez moi) depuis des mois.

© GMB Akash

Et je dis « oeuvre cinématographique » parce que ce n’est pas un film, c’est un documentaire. Aïe. Rien qu’à écrire ce mot, j’ai perdu l’attention de la moitié d’entre vous.
Et pourtant, Whores Glory, en plus d’avoir la densité émotionnelle d’un documentaire poignant sur un sujet grave, se paie le luxe d’un enrobage esthétique digne des meilleurs oeuvres de cinéma. La réalisation est simple, de la simplicité de la ménagère avertie qui, complimentée sur le plat qu’elle a mis l’après-midi à préparer, répondrait modestement « Oh, c’est tout simple, vous savez… ». La photo est incroyable, digne d’un Lars Von Trier ou d’un Lynch, et la musique, ô mon Dieu la musique… PJ Harvey, omniprésente, vous arrachera sans doute une petite larme si vous n’étiez pas encore assez ému.

© Magnum Photos

Mais je parle de la forme comme si le fond n’était que secondaire. Trois villes du monde, trois regards sur la prostitution au travers des réflexions et sentiments poignants de femmes qui vendent leur corps en prenant soin de ne pas vendre leur âme, sous le prisme de trois cultures et religions différentes. Une narration sans préjugés, sans point de vue. Juste la vie de quelques femmes qui se racontent et nous laissent entrer dans leur intimité, parfois avec gêne, parfois tout naturellement.

© Vinai Dithajohn

À Montréal, ce film a été proposé au cinéma Excentris hier soir, dans le cadre des Rencontres Internationales du Documentaire à Montréal, qui propose tous les derniers jeudis du mois un nouveau documentaire. C’est donc trop tard pour celui-ci, ainsi que celui du mois dernier, Duch, le maître des forges de l’enfer, un docu très dur sur le génocide khmer rouge au Cambodge.
Mais il n’est pas trop tard pour les prochains, n’hésitez pas à tester, c’est une très belle programmation.

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